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24 janvier 2013 4 24 /01 /janvier /2013 09:55

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« Écris à l'ange de l'Église de Philadelphie : Voici ce que dit le Saint, le Véritable, Celui qui a la clé de David, celui qui ouvre et personne ne fermera, Celui qui ferme et personne n'ouvrira : Je connais tes œuvres. Voici : j'ai mis devant toi une porte ouverte que nul ne peut fermer, parce que tu as peu de puissance, que tu as gardé ma parole et que tu n'as pas renié mon nom. Voici : je te livrerai des gens de la synagogue de Satan, qui se disent Juifs et ne le sont pas, car ils mentent. Voici : je les ferai venir se prosterner à tes pieds et reconnaître que je t'ai aimé. Parce que tu as gardé la parole de la persévérance en moi, je te garderai moi aussi, à l'heure de l'épreuve qui va venir sur le monde entier pour éprouver les habitants de la terre. Je viens bientôt. Tiens ferme ce que tu as, afin que personne ne prenne ta couronne. Du vainqueur, je ferai une colonne dans le temple de mon Dieu et il n'en sortira plus. J'écrirai sur lui le nom de mon Dieu et celui de la ville de mon Dieu, la nouvelle Jérusalem qui descend du ciel d'auprès de mon Dieu, ainsi que mon nom nouveau. Que celui qui a des oreilles écoute ce que l'Esprit dit aux Églises ! »


Ce texte a fortement marqué les débuts de la mission, un temps difficile où la faiblesse nous écrasait. Tel était bien notre sentiment : petits, faibles, incapables et sans puissance. De nombreuses communautés se construisaient à grands renforts de miracles, de dons formidables. Par l’aura qui s’en dégageait, elles attiraient énormément de monde à elles. Et nous étions si petits… A Alès, nos premiers cultes étaient fréquentés par quelques vieilles dames, un monsieur par-ci un autre par-là, pas vraiment de quoi assurer un avenir… Dans notre maison d’accueil à Anduze, les fenêtres étaient décorées de rideaux en papier et nous mangions sur des tables de l’armée récupérées à bon marché. On disait de nous que nous étions « 3 pelés et 4 tondus »… Certains, fréquentant les milieux charismatiques, venaient nous voir et nous lançaient, en guise d’encouragement : « mes pauvres, vous n’y comprenez rien ! Vous n’avez rien vu ! » Ceux là semblaient être témoins de choses extraordinaires que manifestement nous ne vivions pas. Toute comparaison ne faisait que confirmer ce dont nous étions largement convaincus… Non décidément, rien de formidable chez nous.


A 25 ans, sans avoir fait encore de preuves, pas de perspective d’avenir, pas beaucoup de soutien… toute notre vie était pourtant engagée. Nous avions besoin de secours et ce texte nous a été rappelé, il s’est gravé dans nos cœurs : « Tu es faible, tu as peu de puissance, mais tu as gardé ma parole. » La seule force que le Seigneur voulait de nous : sa protection accordée à ceux qui sont faibles et qui gardent la Parole avec fidélité.


Aujourd’hui, les slogans ont beaucoup de force, on les aime, on y croit. Ils entrainent un temps mais ne font que nourrir des rêves. La Parole n’est pas un slogan mais une parole qui appelle à la persévérance qui accompagne durant l’épreuve du temps. Elle seule fortifie, édifie et console.


On constate pourtant qu’au sein des Eglises, la Parole disparaît au profit de ladite louange qui elle-même ne contient quasiment plus de paroles… Ceux qui fréquentent ces milieux trouveront certainement nos Eglises plus arides et plus faibles. Nous avons été tentés de suivre la mode pour être moins à part, mais si nous avons choisi de prêcher la Parole et de chanter la Parole, ce n’est pas un hasard. Nous avons seulement répondu au Seigneur au moment où nous nous demandions comment faire : « Garde la Parole et je te garderai ».


Ce que l’on pourrait appeler les commerciaux de l’évangile utilisent les techniques bien connues des slogans attirants pour être suivis. Ce à quoi le Seigneur nous appelle n’est pas vraiment séduisant : être faible, le devenir et parfois le rester…

Etre faible en vue de la puissance serait éventuellement acceptable mais l’expérience de la faiblesse ne nous garantit rien d’extraordinaire sinon ce qui sera donné de la part du Père, c'est-à-dire, rien de bien puissant sur la terre. Cette réalité décourage souvent les petits groupes qui cherchent enfin à sortir de l’ombre, lassés de vivre comme des inconnus. C’est ce que nous étions pourtant aux débuts de la mission. Ce texte ne nous invitait pas à sortir de l’anonymat mais le Seigneur a vu que nous gardions la Parole avec persévérance.


La recherche de la force et de l’extraordinaire, voire du magique, rend insupportable la faiblesse. Ce désir de croissance se porte plus sur les actions visibles et spectaculaires que sur le fruit d’une vraie piété. Selon la Parole, la piété n’a rien de spectaculaire, elle consiste à prendre soin de son prochain, son conjoint, ses enfants et les pauvres qui nous sont confiés, son ami, son frère dans un amour généreux et fidèle. « L’excès d’occupations provoque des songes vains » est-il dit dans Ecclésiaste 5. Beaucoup de femmes veulent sortir de leur foyer pour avoir des activités car s’occuper de leur mari, de leurs enfants ou des pauvres ne les intéresse guère. Elles préfèrent répondre au slogan très en vogue actuellement : « il faut vous occuper un peu de vous ». Voilà un type de slogan ravageur qui est l’inverse de l’évangile et de la piété chrétienne. C’est la marche assurée vers le divorce. De même, l’Eglise poursuit des rêves et des idéaux qui sont à l’opposé de ce qu’enseigne la Parole !


Ce n’est pas dire que le Seigneur ne veuille pas ou ne puisse pas manifester sa puissance, mais il ne le fait pas pour satisfaire nos rêves de grandeur, ni pour faire de nous des héros au centre de l’œuvre dans laquelle nous serions auteurs de toutes choses… Même dans la délivrance, nous pouvons poursuivre un but qui n’est pas selon Dieu : être puissants par des miracles et prodiges. C’est la force qu’utilisera l’antéchrist pour séduire même les élus. Voilà pourquoi une telle recherche est si dangereuse. L’homme veut a tout prix paraître et ses œuvres ne sont rien d’autre qu’une manifestation écrasante de puissance humaine qui n’a rien à voir avec la puissance de la Parole.


Le Seigneur ne promet pas que nous sortions de la faiblesse. Parfois, le sentiment écrasant de notre misère nous envahit juste avant de nous lever pour œuvrer ou parler. L’accusation nous gagne, le souvenir d’anciens péchés, les complexes que nous ne pouvons vaincre et nous aurions envie de dire de nous : « tu n’es vraiment qu’un pauvre gars… » Mais le Seigneur nous rappelle ceci : « ce n’est pas ton message qui doit être puissant, c’est ma Parole, ce n’est pas ton expression, c’est Ma parole ! ». La nuance est de taille, nous aurions tant aimé que cette puissance nous soit aussi attribuée…


« Sois sans crainte, petit troupeau ; car votre Père a trouvé bon de vous donner le royaume. » (Luc 12 : 32). Cette déclaration de Jésus n’est pas un argument pour servir l’orgueil des minorités, mais il va dans le sens des promesses envers ceux qui sont faibles et la faiblesse est toujours associée à l’attachement à la Parole, les deux réalités sont inséparables. Ainsi nous sommes appelés sans cesse à nous interroger : que dit le Seigneur ? Que veut-il aujourd’hui ? « Que ta volonté soit faite, Seigneur ».


Vivant ainsi, nous sommes gardés de l’égarement et maintenus dans la vérité, tandis que l’homme religieux préfère souvent le mensonge. On sait bien que de moins en moins de chrétiens connaissent la Parole et on est prêt à le déplorer, mais comme il faut bien garder les jeunes, alors on est prêt à laisser de côté la prédication pour des choses plus attractives… car comment un troupeau aussi misérable pourrait-il attirer ?


C’est pourtant en acceptant cette faiblesse au niveau personnel, familial ou ecclésial, en continuant à pratiquer notre piété dans ce cadre là par l’amour et la fidélité, que les hommes verront et seront convaincus. « Voici : je les ferai venir se prosterner à tes pieds et reconnaître que je t'ai aimé. »


C’est une promesse propre à rassurer nos cœurs, car en voyant le monde et son emprise de plus en plus forte, nous pouvons nous effrayer. Comment lutter contre cette marée si forte qui vient dans nos maisons par internet et médias et sachant tous les esprits mauvais qui agissent en arrière-plan de ces choses et auxquels nos enfants sont sans cesse exposés ? Nous pouvons lutter à l’aide d’interdits, par des conférences qui dénoncent les dangers d’une telle société, sans pour autant nous faire trop d’illusions… On enlève nos enfants de l’école laïque pour les protéger de quoi ? Pas du monde qui est aussi dans notre maison…


Il nous faut bien admettre que nous sommes incapables de garder nos enfants, mais « si tu gardes la parole de la persévérance en moi, alors je te garderai de la séduction ». C’est aussi vrai pour l’éducation de nos enfants. Paul disait déjà que le mystère de l’iniquité était à l’œuvre, il agit donc ainsi depuis 20 siècles... Qu’est-ce qui a sauvé des générations de jeunes dans nos camps ? C’est la Parole et non les activités. Que nous soyons grands avec un camp de 450 personnes ou un groupe de 2 familles, ce qui est important aux yeux de Dieu, c’est que je l’écoute, c’est lui le Berger qui gardera. Nous ne pouvons garder nos frères. D’ailleurs, en voulant les garder, nous les épions, très soucieux de leur orgueil plutôt que de chercher comment manifester notre piété envers eux. Garder la Parole, c’est aimer son frère de tout son cœur, donner sa vie pour ses amis, à l’exemple de Jésus qui a lavé les pieds à ses disciples.


Aux débuts de la mission, nous étions peut-être trois pelés et quatre tondus, mais nous nous aimions, il y avait tellement de grâce que d’autres s’y sont ajoutés. Le dimanche après le repas en commun, nous chantions des cantiques, Luc prenait la guitare, ceux qui voulaient chantaient avec nous, puis quelques-uns ont demandé plus tard à ce qu’il y ait aussi une parole, c’est ce qui a donné la réunion de 17h à Anduze. Ce n’est pas si compliqué, ce n’était rien de prévu, mais le fruit de l’amour fraternel et l’amour de la Parole. « Celui qui m’aime gardera ma Parole » dit Jésus et garder la Parole, c’est aimer les frères.


Bien souvent, si quelqu’un fait chanter, il le fait en attendant une chose : le jour où il pourra sortir de cette activité secondaire pour enfin prêcher. C’est le germe de la mort : espérer enfin devenir quelque chose. C’est ainsi que, lorsque nous sommes relégués, nous boudons, alors que c’est la place que le Seigneur nous assigne: garde la Parole et rien ne pourra t’empêcher d’aimer et d’être connu pour cela. Ceux qui nous persécutent reconnaîtront que nous avons été aimés.


« J’ai mis devant toi une porte ouverte que personne ne peut fermer. »

C’est le Seigneur lui même qui a ouvert la porte pour nous ! En acceptant le Seigneur dans un esprit de foi et d’obéissance, nous sommes passés par la porte étroite, c’est lui qui nous l’a ouverte. Personne ne peut nous ravir ce que nous avons dans le Seigneur et nul n’entre dans le royaume si la porte ne nous est pas ouverte. Elle l’est pour les serviteurs qui acceptent de faire sa volonté. On ne peut faire rentrer des personnes si le Seigneur n’a pas ouvert. Ce n’est pas nous qui sauvons, c’est Lui qui ouvre ; ce n’est pas nous qui rejetons, c’est Lui qui ferme la porte.


« Parce que tu as gardé ma parole et que tu n'as pas renié mon nom. »

Celui qui cherche la grandeur, une œuvre dont il voudrait être l’auteur et l’objet, risque fort d’être conduit au reniement. Il nous faut abandonner l’image du cavalier seul qui épate tout le monde. Nous ne pouvons nous emparer d’un nom sans que la réalité de notre vie reflète ce qu’est le Seigneur. Nous qui sommes appelés à porter en tous lieux la bonne odeur de Christ, nous devons considérer quelle est cette odeur : il était faible, humble et doux, vertu assez éloignée de l’état d’esprit de ceux qui se réclament de Jésus et défilent pour une reconnaissance humaine.


Nous ne pouvons nous emparer d’un nom car il faut que ce nom nous soit appliqué : « J'écrirai sur lui le nom de mon Dieu et celui de la ville de mon Dieu ». C’est lui qui le fait ! Son nom sera sur le front de ceux qui ont accepté d’être serviteurs, faibles, gardant la Parole, sans le renier. On comprend pourquoi les martyrs n’ont pas voulu trahir, ils ne voulaient pas renier le nom du Seigneur, celui qui leur avait été donné.


« Du vainqueur, je ferai une colonne dans le temple de mon Dieu et il n'en sortira plus. »


Cette promesse ne pourrait se rapporter entièrement au ciel car il n’y aura pas de temple dans la Jérusalem céleste, le Seigneur lui-même étant le temple qui englobe tout par sa présence. Nous y serons peut-être des colonnes, mais la Parole parle déjà d’une réalité pour notre vie ici-bas. Celui qui est faible, une petite église sans puissance qui garde la Parole, peut être une colonne dans le temple de Dieu et le sera car c’est promis ! Nous sommes associés aux yeux de Dieu à ceux qui sont considérés comme des colonnes dans l’Eglise car le temple, c’est bien l’Eglise qui est le corps de Christ, édifice spirituel que nous sommes appelés à former.


Qu’est donc la valeur d’un ministère, d’une Eglise ? Qu’aurons-nous à présenter devant le Seigneur si nos ministères ne portent pas plus de fruits ? Nous voudrions tant être utiles que nous confondons notre ministère avec la fonction et le rôle considéré par les autres. Ainsi nous ressemblons plutôt à ces colonnes renversées par Samson ! Pensons-nous qu’un ministère qui est de Dieu -puisqu’il nous l’a donné- puisse être renversé par un petit souffle ?


Nos considérations sont humaines et charnelles alors que la Parole dit qu’un homme sans puissance - donc plutôt ignoré par les hommes - mais qui garde la Parole dans l’amour et la fidélité, deviendra colonne dans son temple, portant sur lui le nom du Dieu vivant. C’est une autre dimension invisible pour les hommes qui va bien au-delà de la définition du modèle type de vie d’Eglise tel que nous le vivons à la Mission Timothée… Je dois chercher avant tout à être ce que le Seigneur attend que je sois. Une colonne sur laquelle l’édifice s’appuie, ce n’est pas rien ! Appui pour les frères et sœurs, avec le nom de Dieu. Quelqu’un sur lequel on peut bâtir et s’appuyer. La colonne est à la gloire de l’édifice et l’édifice est à la gloire de celui pour qui il est destiné : la gloire de Dieu. C’est donné et non fabriqué.


Notre mission a un nom pour que les autres puissent nous situer dans le monde (cela s’appelle raison sociale), nous ne sommes rien d’autre. L’œuvre est de Dieu et le temple est spirituel. Si nous demeurons en Jésus, alors nos louanges s’associent aussi à l’Eglise universelle, l’assemblée des premiers-nés dans les cieux, des anges, « des esprits des justes arrivés à la perfection ». Par la fidélité, nous sommes associés à ceux-là ! Voilà ce qui donne à l’Eglise, avec ses agréments et désagréments, sa véritable dimension. C’est bien plus que la quantité d’actions que nous pouvons accomplir. Toutes ces choses n’ont de valeur que si Dieu le veut et si elles sont vécues dans un esprit de consécration.


Dans la Jérusalem céleste, ses serviteurs le serviront, ils verront sa face et son nom sera sur leur front, c’est la plus belle chose que nous puissions espérer. C’est déjà notre cité où nos noms sont inscrits, elle descendra du ciel, elle émerveille déjà le cœur des croyants qui espèrent, car le Saint-Esprit en atteste la réalité dans nos cœurs. Nous le servons aujourd’hui, et il vaut la peine de persévérer dans ce service humble et caché pour le servir un jour en le voyant.

En acceptant ce chemin, des bénédictions se répandront, car les autres verront le nom de Dieu sur nos colonnes. Acceptons de tourner nos cœurs vers ce que Dieu nous promet et non ce qui satisfait nos convoitises, afin d’être libres et heureux dans son service.

 

Source : http://www.missiontimothee.fr/index.php/mitim/mission_timothee/parole_partagee/exhortations/que_tu_as_peu_de_puissance_que_tu_as_garde_ma_parole

 

 

 

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Published by lait-et-miel