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23 août 2012 4 23 /08 /août /2012 20:28

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7 )  La lettre à l’Église de Laodicée :

 

Apocalypse 3. 14-22 « Ecris à l’ange de l’Église de Laodicée : Voici ce que dit l’Amen, le témoin fidèle et véritable, le principe de la création de Dieu :

15 Je connais tes œuvres. Je sais que tu n’es ni froid ni bouillant. Puisses-tu être froid ou bouillant ! 16 Ainsi, parce que tu es tiède, et que tu n’es ni froid ni bouillant, je te vomirai de ma bouche. 17 Parce que tu dis : Je suis riche, je me suis enrichi, et je n’ai besoin de rien, et parce que tu ne sais pas que tu es malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu, 18 je te conseille d’acheter de moi de l’or éprouvé par le feu, afin que tu deviennes riche, et des vêtements blancs, afin que tu sois vêtu et que la honte de ta nudité ne paraisse pas, et un collyre pour oindre tes yeux, afin que tu voies. 19 Moi, je reprends et je châtie tous ceux que j’aime. Aie donc du zèle, et repens-toi. 20 Voici, je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui, je souperai avec lui, et lui avec moi.

21 Celui qui vaincra, je le ferai asseoir avec moi sur mon trône, comme moi j’ai vaincu et me suis assis avec mon Père sur son trône.

22 Que celui qui a des oreilles entende ce que l’Esprit dit aux Églises.»

 

La ville de Laodicée et son Église :

 

Construite vers 250 av. J.-C. par Antiochos II, roi de Syrie, de la dynastie des Séleucides ¹, au confluent de la rivière Lycus et du fleuve Méandre (aujourd’hui Menderes, long de 500 km et se jetant dans la mer Égée), Laodicée, qui doit son nom à la première épouse de ce souverain, Laodice, se trouvait à 65 km au sud-est de Philadelphie (voir à précédente Église), d’après une source de Monsieur Alfred Kuen.

Laodicée (son nom signifie «peuple qui dirige» ou «volonté du peuple» ou encore «jugement du peuple»)* était un centre administratif et bancaire important, ses deux autres principales activités étant la laine et la médecine. Elle commandait, notamment, la route de l’Orient qui, à travers la Phrygie, conduisait jusqu’en Chine via le Pendjab. Horace, le poète latin, en fait la représentante du commerce avec l’Orient, et le célèbre Cicéron y a encaissé des lettres de crédit, lorsqu’il entreprit son voyage vers l’Est (selon A. Kuen).

Elle n’a pas été épargnée non plus par le violent tremblement de terre de l’an 17 après J.-C. qui frappa la région, dont Sardes et Philadelphie (voir à ces Églises), ainsi qu’un autre en 60. Mais elle fut en mesure, grâce à ses propres richesses, de subvenir elle-même aux besoins de sa reconstruction.

Laodicée était connue aussi pour la fabrication de ses onguents et collyres.

Enfin, ne disposant pas de sources conséquentes, cette cité, aujourd’hui disparue, était contrainte de faire venir son eau potable par un aqueduc long de 10 kms environ, en provenance de Hiérapolis, et dont quelques parties subsistent encore aujourd’hui.  

 

L’Église de Laodicée fut, avec celles de Colosses et de Hiérapolis, ses voisines, vraisemblablement fondée par un collaborateur de l’apôtre Paul, Épaphras (Colossiens 1. 7-8 ; 4.12-13). Paul lui-même, toujours selon la tradition, y serait allé et aurait rédigé l’Épître de «1 Timothée» dans cette ville. D’autre part nous relevons que dans Colossiens 4. 16c, « l’apôtre mentionne une lettre qui devait parvenir aux Colossiens depuis Laodicée. Cette lettre, qui était vraisemblablement destinée aux Éphésiens, était en fait, une circulaire adressée aux différentes Églises de l’Asie (source A. Kuen : les Lettres de Paul p. 204-209) ».

D’autre part Archippe, qui serait le fils de Philémon (Philémon 2), aurait exercé un ministère dans l’Église de Laodicée (Colossiens 4. 16-17).

Par ailleurs Laodicée comptant parmi ses habitants une importante colonie Juive (environ 20 à 30 000 personnes), et d’autre part étant influencée par la culture grecque, l’Église a probablement du subir, tout comme celles de Colosses et de Hiérapolis, les assauts du légalisme judaïque ainsi que les influences du «pré-gnosticisme».ª

 

Notes :

 

¹ Séleucides : La dynastie des Séleucides fut fondée par Séleucos 1er, général macédonien, et Lieutenant d’ Alexandre le Grand.  Avec ses collègues il se partagea l’empire d’Alexandre, à la mort de ce dernier, en 323 av. J-C. Par la suite Séleucos 1er reconstituera l’empire Alexandrin, à l’exception de l’Égypte et de la Grèce (305 av. J-C).

Le royaume des Séleucides, dont Antiochos II, le fondateur de Laodicée, fut un descendant, s’étendait donc de l’Indus à la Méditerranée, puis se il se réduisit ensuite au royaume de Syrie. Plus tard Antiochos IV Épiphane, roi de Syrie de 175 à 164 av. J.-C. envahira la Judée, commettant exactions et atrocités ce qui provoquera la révolte des Maccabées (période intertestamentaire). Il est, dans Daniel 11. 21-45, dépeint comme un type de l’Antichrist.

 

* Sources C. Ohlott et Mario Massicote.

 

ª Voir étude sur la Lettre à l’Église de Pergame. Pour ce mouvement hérétique on peut consulter l’ouvrage : «Précis d’histoire de l’Église» par J.-M. Nicole. Éditions Institut Biblique de Nogent 1972, pages 27-28.

 

3.14a : « Ecris à l’ange de l’Église de Laodicée : Voici ce que dit l’Amen,..»

 

Comme nous l’avons évoqué à propos de l’étude de la lettre à l’Église de Pergame (commentaire verset 2.12b), Christ se présente à chacune des Églises sous un aspect différent et particulier, en relation avec le message qu’Il désire leur adresser. Ici, pour une Église tiède, indécise et peu encline à Lui ouvrir son cœur, Jésus va s’affirmer avec force et conviction : « Je suis L’Amen ».

Dans la Parole de Dieu, Amen, qui signifie en Hébreu «il en est ainsi» ou «qu’il en soit ainsi» ou «certainement» (de la même racine que fiable, assuré, établi)ª ponctue différentes expressions bibliques, par exemple :

 

--  l’approbation, l’accord avec ce qui a été dit (ex. 1 Rois 1.36 ; 1 Chroniques 16.36 ; Néhémie 8.6 ; Apocalypse 22.20..).

--  l’engagement  (Néhémie 5.13 ; Deutéronome 27.14-26 : dans ce passage il sera adressé, par les Lévites, douze prescriptions au peuple de Dieu, assorties de malédictions en cas de  désobéissance. Le peuple ponctuera autant de fois, ce qui lui est enjoint, par un Amen, marquant ainsi son engagement).

--  il peut manifester aussi le serment, l’affirmation, l’insistance (Galates 6.18), le souhait (Jérémie 28.6) etc.*

 

ª Sources C. Ohlott et PasteurWeb.org

 

* Cf. PasteurWeb.org : Église de Laodicée.

 

14b : « ..le témoin fidèle et véritable,.. »

 

Christ est le témoin fidèle. Dieu est Fidèle, il s’agit là d’un de ses principaux attributs, caractères. La Fidélité de Dieu est exaltée dans de nombreux passages de l’Écriture :

--  Psaumes 89.6, 34 ; 92.3 ; Esaïe 25.1 ; 49.7 ; Lamentations 3.23 ; Hébreux 10.23 ; pour ne citer que ceux-là.

 

Sa Fidélité assure la continuité et le prolongement de notre Foi ; exemples :

--  1 Corinthiens 1.9 : « Dieu est fidèle, lui qui vous a appelés à la communion de son Fils, Jésus-Christ notre Seigneur. »

--  1 Thessaloniciens 5.24 : « Celui qui vous a appelés est fidèle, et c’est lui qui le fera. »

Elle permet l’accomplissement de Ses promesses : « Tu témoigneras de la fidélité à Jacob, De la bonté à Abraham, Comme tu l’as juré à nos pères aux jours d’autrefois. » (Michée 7.20) ; et aussi : (Hébreux 10.23) « Retenons fermement la profession de notre espérance, car celui qui a fait la promesse est fidèle. »

Retenons aussi qu’elle nous pousse à faire confiance en notre Créateur en tout, à tout Lui remettre, tout abandonner entre Ses mains. (1 Pierre 4.19 : « Ainsi, que ceux qui souffrent selon la volonté de Dieu remettent leur âme au fidèle Créateur, en faisant ce qui est bien. »)

Et Sa Fidélité est éternelle, Dieu ne change pas : « Jésus-Christ est le même hier, aujourd’hui, et éternellement. » (Hébreux 13.8). 

Enfin elle demeure, même si nous sommes infidèles, en effet : « .. si nous sommes infidèles, il demeure fidèle, car il ne peut se renier lui-même. », nous déclare 2 Timothée 2.13, sans toutefois aller jusqu’à le renier (Apostasie : 2 Timothée 2.12).

 

Ensuite Christ est Véritable (voir commentaire sous Apocalypse 3.7b = Eglise de Philadelphie).

Jean 14.6 : « Jésus lui dit : Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi. »

Dans Ésaïe 65.16a il est parlé du Dieu de vérité (temps messianiques) : « Celui qui voudra être béni dans le pays Voudra l’être par le Dieu de vérité, Et celui qui jurera dans le pays Jurera par le Dieu de vérité ;.. »relevons à propos de ce verset une remarque de John MacArthur : « Dieu de vérité : Littéralement « Dieu de l’Amen », expression désignant le vrai Dieu, celui qui honorera les promesses faites à Israël et se justifiera ainsi aux yeux de tous les peuples.. » (fin de citation).

 

3.14c : « ..le principe de la création de Dieu :»

 

Considérons le début de l’Évangile selon Jean : (Jean 1.1-4) : « Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. (2) Elle était au commencement avec Dieu. (3) Toutes choses ont été faites par elle, et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans elle. (4) En elle était la vie, et la vie était la lumière des hommes. ».

Christ est le principe, c'est-à-dire le commencement de la création et, comme Paul l’annonce aux habitants d’Athènes, (Actes 17.28a) : « car en lui (Dieu) nous avons la vie, le mouvement, et l’être… »

Nous avons tout pleinement en Lui (Colossiens 2.10)

Et, d’autre part, comme Mr. C. Ohlott l’écrit (en citant Colossiens 1.15-17) : « Le Fils est l’image du Dieu invisible, le premier-né de toute la création. Car en lui ont été créées toutes les choses qui sont dans les cieux et sur la terre, les visibles et les invisibles, trônes, dignités, dominations, autorités. Tout a été créé par lui et pour lui. Il est avant toutes choses, et toutes choses subsistent en lui. » Et le verset 18 : « Il est la tête du corps de l’Église ; il est le commencement, le premier-né d’entre les morts, afin d’être en tout le premier. »

 

Note : Tout au long des versets qui s’adressent à l’Église de Laodicée, nous allons constater que Le Seigneur Jésus-Christ n’adresse que des reproches à cette Congrégation. Il s’agit de la seule Église, sur les sept que compte cette étude, où aucune mention élogieuse n’apparaît. Même pour l’Église de Sardes (voir à cette Église), qui pourtant était en danger de mort spirituelle, le Seigneur mentionne néanmoins le fait que « quelques personnes se tiennent près du Seigneur » (Apocalypse 3.4). C’est dire le lamentable état spirituel dans lequel se trouve plongée l’Assemblée de Laodicée qui, loin d’être endormie comme l’était celle de Sardes, manifeste plutôt ici une suffisance et un orgueil coupables, propres à provoquer sa perte comme nous allons le découvrir.

 

3.15b «..Je sais que tu n’es ni froid ni bouillant..»

 

Nous l’avons noté dans l’introduction, la ville de Laodicée, qui comptait un assez grand nombre d’habitants, n’avait pas de quoi subvenir suffisamment à ses besoins en eau. Aussi devait-elle avoir recours, pour son alimentation, à un approvisionnement auprès de sa voisine, la ville de Hiérapolis, distante d’à peu près 10 kms. Cet approvisionnement était rendu possible par un aqueduc souterrain qui acheminait l’indispensable liquide à Laodicée. Cela créait une situation de dépendance pour cette ville, qui craignait de voir son apport d’eau facilement interrompu en cas de conflit avec d’autres cités de la région.

Ce qui poussait Laodicée à «composer» avec les autres.

Bien entendu il est facile aussi d’imaginer que sa situation de ville à forte activité bancaire comportait un facteur de risque en ce qui concerne les compromis et autres faiblesses.

A côté de cela, nous ne relevons pas de persécutions particulières, ni autres contraintes, exercées par les résidents de Laodicée envers les chrétiens de cette Église. On laissait à ces derniers la vie assez «tranquille», ce qui n’est pas forcément un gage de réussite spirituelle pour l’Église. Sur ce point le lecteur pourra se reporter à l’étude sur la lettre à l’Église de Sardes, et aux commentaires relatifs au verset de : Apocalypse 3.1c.

Donc la population dans son ensemble (y compris les chrétiens) adoptait une attitude que je qualifierais personnellement de laxiste. Du reste qu’il me soit permis de reprendre la définition du Larousse au sujet de ce terme : Dans la théologie chrétienne, Laxisme =  « Système selon lequel on peut suivre une opinion, du moment qu’elle est un tant soit peu probable ».

Cette « tolérance excessive », pour (toujours) reprendre les termes du dictionnaire, évoque une situation qui nous rappelle, ô combien, notre époque actuelle. Pour tout dire c’est la situation de l’Église apostate accueillant, sans trop y regarder, de nombreuses doctrines sans rapport avec l’Évangile de Jésus-Christ légué par les apôtres. Et c’est ainsi qu’il est facile de comparer, comme il l’a été largement fait d’ailleurs, l’état dans lequel se trouvait l’Église de Laodicée avec la période actuelle dans laquelle se situe notre Église contemporaine.

 

3.15c « Puisses-tu être froid ou bouillant ! »

 

Que dit Jésus ?

 

Matthieu 11.12 : « Depuis le temps de Jean-Baptiste jusqu’à présent, le royaume des cieux est forcé, et ce sont les violents qui s’en emparent. »

Les Laodicéens, d’après ce que nous pouvons retenir des textes, n’étaient pas des violents, au sens où Jésus en parle, de ceux qui en «veulent» comme l’on dit. Au contraire ils «étaient tièdes» (Apocalypse 3.16), ni froids ni bouillant, ils ne savaient pas ce « qu’ils voulaient » en matière de conviction chrétienne.

 

Marc 8.38 « Car quiconque aura honte de moi et de mes paroles au milieu de cette génération adultère et pécheresse, le Fils de l’homme aura aussi honte de lui, quand il viendra dans la gloire de son Père, avec les saints anges. » (voir aussi Luc 9.26) ; la consécration pour Christ ne peut se compromettre avec un quelconque relâchement. Dieu nous a toujours appelés à être entièrement à Lui, sans compromis, et nous rapprochant toujours plus de Lui. C’est le zèle : « …Le zèle de ta maison me dévore. » est-il écrit en Jean 2.17.

 

Et aussi : Matthieu 12.33 « Ou dites que l’arbre est bon et que son fruit est bon, ou dites que l’arbre est mauvais et que son fruit est mauvais ;.. »

Ici, Christ s’adresse aux pharisiens qui le calomnient sciemment et avec une évidente mauvaise foi. Bien sûr, dans Matthieu 12.33, le contexte n’est pas celui d’une situation où l’on hésite, mais plutôt celui d’un rejet ferme. Cependant, comme on le constate pour le cadre dans lequel ce verset est situé, cette attitude conduit inévitablement à la mort (dans ce passage de Matthieu il est fait ici allusion au blasphème contre le Saint Esprit). Par leur hésitation, et si celle-ci persiste, les Laodicéens prennent le risque d’y être conduits aussi.

 

 3.16 « Ainsi, parce que tu es tiède, et que tu n’es ni froid ni bouillant, je te vomirai de ma bouche. »

 

Dans ce verset, Dieu fait la synthèse des griefs qu’il a contre l’Église de Laodicée.

Qu’est ce que la tiédeur ? Être tiède c’est « manquer d’ardeur, de zèle, de ferveur ; être mou » (Petit Larousse 2006).

 

Comme pour l’eau qui servait à alimenter la cité, les chrétiens de Laodicée étaient tièdes, qualifiés comme tels par le Seigneur. Si une eau est fraîche, elle est précieuse pour se désaltérer. Si, à l’inverse elle est chaude, voire bouillante, elle peut être utile pour le corps, par exemple, pour des bains, et même elle peut receler quelques vertus médicinales. Mais une eau tiède à quoi peut-elle bien servir ?

Que pensez-vous du sel qui a perdu sa saveur ? Voici ce qu’en dit Jésus, le Seigneur, s’adressant aux disciples, dans Matthieu 5.13 : « Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel perd sa saveur, avec quoi la lui rendra-t-on ? Il ne sert plus qu’à être jeté dehors, et foulé aux pieds par les hommes. »

Ici le commentateur John MacArthur, nous explique fort bien, mais en est-il besoin, « que le sel devenu fade au goût ne peut, à la rigueur, ne servir qu’à rendre les chemins dépourvus de végétation » ou, maintenant, n’être utile qu’à déneiger ou dégivrer une route, soit, de toute façon, à « être foulé aux pieds par les hommes ».

C’est ce qui attend les fidèles de l’Église de Laodicée si leur situation n’évolue pas. Puisque, par leur tiédeur, c'est-à-dire leur manque de ferveur, de zèle dans le service (citons Romains 12.11 : « Ayez du zèle, et non de la paresse. Soyez fervents d’esprit. Servez le Seigneur. ») ces derniers ne servaient plus Christ. Et à quoi sert un serviteur inutile, pour le Seigneur ? (Parabole des talents : Matthieu 25.14-30). Dans cette parabole Jésus évoque le cas d’un homme qui, de retour d’un long voyage, fait rendre compte de leur état de service à trois de ses serviteurs. Pour les deux premiers, ils seront récompensés en raison de leur fidélité et de leur zèle pour le service. Mais que se passe-t-il pour le troisième :

(Matthieu 25.24-30) et ne retenons ici que le verset 30 : « Et le serviteur inutile, jetez-le dans les ténèbres du dehors, où il y aura des pleurs et des grincements de dents. »

Si Dieu nous a appelés à Lui, c’est pour que nous le servions, sur la Terre. Le Seigneur a horreur des serviteurs inutiles. (Cf. Deutéronome 10.12 ; Josué 22.5 ; 24.15 ; Malachie 3.18 ;  Matthieu 4.10 ; Luc 1.74 ; Colossiens 3.24 ;

1 Thessaloniciens 1.9 : « Car on raconte, à notre sujet, quel accès nous avons eu auprès de vous, et comment vous vous êtes convertis à Dieu, en abandonnant les idoles pour servir le Dieu vivant et vrai. »).

Bien entendu, la liste de ces versets, où il est parlé de servir Dieu, n’est pas exhaustive.

 

 

3.17a « Parce que tu dis : Je suis riche, je me suis enrichi, et je n’ai besoin de rien,.. »

 

Ici il serait bon de publier (en remerciant son auteur) le très intéressant commentaire du Professeur Kuen à ce sujet, (je cite) :

 

« Cette attitude orgueilleuse reflétait celle des citoyens de Laodicée. C’était une ville riche, grâce à son commerce et à ses industries, une ville de banquiers¹. (…) Certains citoyens de la ville possédaient de grandes fortunes avec lesquelles ils contribuaient au bien public. Au 1er siècle av. J.C., un certain Hiéro a offert 2000 talents² à la ville et l’a embellie d’œuvres d’art.

 Strabon (Note : géographe Grec) dit que « la fertilité de la contrée et la prospérité de certains de ses citoyens en font une grande ville » malgré sa petitesse et le siège que Mithridate³ lui a fait subir (12.8.16). D’autres bienfaiteurs publics sont cités dans les archives ou représentés sur des monnaies (Zeno et son fils Polemo : la famille des Zénonides qui devint la plus riche d’Asie Mineure, Julius Andronicus..).

Laodicée subit aussi les contrecoups des tremblements de terre des années 17 et 60, mais elle répara ses ruines sans aide extérieure*. Sous Néron, elle refusa même l’aide impériale. L’historien romain Tacite dit : « Laodicée se releva de ses ruines par ses propres ressources et sans aide de notre part (Cf. C.J. Hemer, Letters of the Seven Churches in Asia : ISOT Press, Sheffield, 1986, p. 195).

La fière assertion : « par nos propres forces » (ek ton idiôn) se trouve plusieurs fois dans les inscriptions gravées sur les édifices reconstruits. Un vaste amphithéâtre de quelques 300 mètres de long, semi-circulaire aux deux extrémités, avec des sièges tout autour, a été construit en l’année 70 par un certain Nicostratus qui l’a édifié « ek ton idiôn ». La même phrase ou son équivalent se retrouve sur d’autres édifices de la même période. »

 

Notes :

¹ Voir introduction : La ville de Laodicée et son Église.

 

² 2000 Talents représenteraient environ plus de 10 000 000 de deniers, puisque un talent équivalait à 6 000 drachmes (antiques) et que la valeur de la drachme approchait celle du denier (à noter que la drachme est une monnaie grecque et que le denier était une monnaie romaine), or la somme de 1 denier équivalait à peu près, à l’époque, à une journée de salaire d’un ouvrier. (A ce sujet voir commentaires sur la lettre à l’Église de Thyatire, Apocalypse 2. 20-21 ).

 

 

³ Mithridate VI Eupator, le Grand, (132—63 av. J.C.) roi du Pont, région Nord-Est de l’Asie Mineure, (que l’invasion romaine «dérangeait»). Il lutta contre la domination romaine en Asie. Ses trois guerres : de 88 à 66 se terminèrent toutes par des échecs. (Dictionnaire Larousse).

 

* Cf. La ville de Laodicée et son Église.

 

 

Nous avons déjà relevé, par ailleurs, que les chrétiens de l’Église de Laodicée n’étaient pas trop inquiétés, voire nullement, par les habitants de cette ville.

Ce qui nous permettrait de déduire qu’ils partageaient le même destin, que ces résidents de la ville ne voyaient pas de différence notable entre les membres de cette Église et eux. Or il nous faut nous souvenir, que  nous sommes aux débuts de l’ère chrétienne et, alors que la plupart des autres Fidèles ont à souffrir de sévices et persécutions de la part des non-chrétiens, ici, à Laodicée leur vie était assez «tranquille» si nous pouvons nous permettre de nous exprimer ainsi. Ainsi le chrétien de Laodicée était à mettre au même rang que l’habitant de la ville. Alors on comprend mieux les reproches que leur adresse Christ, le témoin fidèle et véritable, à qui rien n’échappe (Cf. Apocalypse 2.23b : à propos de la lettre à l’Église de Thyatire).

 

3.17b « ..et parce que tu ne sais pas que tu es malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu, »

 

Christ dépeint à ces croyants quel est leur état réel ; en fait tout le contraire de ce qu’ils pensent être.

C’est que nous avons ici, révélés, deux contextes diamétralement opposés. Le contexte de la vie mondaine en 3.17a et celui de leur vie spirituelle en 3.17b.

 

3.18a « je te conseille d’acheter de moi de l’or éprouvé par le feu, afin que tu deviennes riche,.. »

 

Les Laodicéens n’étaient pas « riches pour Dieu » :

Extrait de Luc 12.13-21 : « Les terres d’un homme avaient beaucoup rapporté. Et cet homme, s’étant fortement enrichi, fit agrandir sa demeure pour y entreposer ses récoltes. Ce qu’il fit. Alors il se dit en lui-même : maintenant je vais faire bonne chère, me réjouir, boire, manger..

Mais Dieu lui dit : (Luc 12. 20-21) : « ..Insensé ! cette nuit même ton âme te sera redemandée ; et ce que tu as préparé, pour qui sera-ce ? » 21 : « Il en est ainsi de celui qui amasse des trésors pour lui-même, et qui n’est pas riche pour Dieu. »

Les richesses matérielles ne sont pas haïssables en elles-mêmes, mais il faut savoir qu’elles sont un don de Dieu. Nous sommes arrivés nus sur la terre et nous retournerons comme nous sommes nés, c'est-à-dire nus (Cf. Job 1.21).

Voici ce qui est écrit en «Ecclésiaste 5.18» : « Mais, si Dieu a donné à un homme des richesses et des biens, s’il l’a rendu maître d’en manger, d’en prendre sa part, et de se réjouir au milieu de son travail, c’est là un don de Dieu. ».

Maintenant écoutons ce que Jésus déclare à l’ange de l’Église de Smyrne (Apocalypse 2.9a) : « Je connais ton affliction et ta pauvreté (bien que tu sois riche),.. ».

L’exemple que nous avons avec l’Église de Smyrne (voir à cette Église) est radicalement opposé à ce qui se passe pour l’Église de Laodicée. En fait ce qui est reproché à cette dernière ce n’est, non pas, ses richesses (voir la ville de Laodicée et son Église, plus haut) mais le fait qu’elle ne considère plus le Seigneur comme son Souverain, son Maître ; cette Église s’est laissée aveugler par tout ce qu’elle possède. Elle L’a oublié.

Cette pensée est appuyée par l’Écriture en Deutéronome 8. 12-14 : « Lorsque tu mangeras et te rassasieras, lorsque tu bâtiras et habiteras de belles maisons, lorsque tu verras multiplier ton gros et ton menu bétail, s’augmenter ton argent et ton or, et s’accroître tout ce qui est à toi, prends garde que ton cœur ne s’enfle, et que tu n’oublies l’Éternel, ton Dieu, qui t’a fait sortir du pays d’Égypte, de la maison de servitude, ».. Il s’agit là des Paroles que Dieu adressait à son peuple juste avant que celui-ci ne pénètre en terre promise, c’était un avertissement à ne pas L’oublier, à ne pas se laisser aveugler par leurs possessions.

Ainsi l’Église de Laodicée n’était pas riche pour Dieu, elle avait oublié Celui qu’elle devait d’abord adorer.

On comprendra aisément que «l’or éprouvé par le feu» que le Seigneur conseille d’acheter de Lui à Son Église n’est autre que Sa connaissance, Lui, de Sa Personne. Connaître le Seigneur consiste avant tout à étudier avec assiduité Sa Parole et la mettre en pratique (Cf. notamment Jacques 1.22 : « Mettez en pratique la parole, et ne vous bornez pas à l’écouter en vous trompant vous-mêmes par de faux raisonnements. »).

 

3.18b « et des vêtements blancs, afin que tu sois vêtu et que la honte de ta nudité ne paraisse pas,.. »

 

Les vêtements blancs sont incontestablement, dans la Bible, « synonymes » de pureté (Daniel 7.9 ; Apocalypse 1.14 ; Matthieu 28.3 …). Voir aussi la note sous verset Apocalypse 3. 4-5 dans Étude sur la lettre à l’Église de Sardes.

 

Monsieur Kuen souligne que « Laodicée était renommée pour la laine noire produite par une espèce particulière de moutons élevés dans la vallée du Lycus. » (voir introduction Laodicée et son Église).

Les habitants de cette cité étaient devenus très habiles dans l’exploitation de ce produit et en tiraient des vêtements noirs très appréciés. Dès lors l’évocation, par Christ, de « vêtements blancs » souligne parfaitement le contraste entre le produit résultant de l’exploitation industrielle de cette cité (vêtements noirs) destiné à l’enrichir matériellement, et ce que lui offre le Seigneur pour l’enrichir spirituellement (revoir opposition entre versets 3.17a et 3.17b, précédemment).

 

... suite...

 

 

 

 

 

 


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Published by lait-et-miel